Un mois de vadrouille en Amérique du Nord, c'est:
- acheter un pass Greyhound;
- se lever à 8h du matin, même difficilement, après une soirée encore une fois digne de mes exceptionnels compagnons de beuverie (j'ai dit beuverie?) entres autres choses de ces derniers mois;
- chercher partout son sac à duvet et pour cela vider tous les sacs bien empaquetés, puis le retrouver dans la poche prévue à cet effet dans le sac de rando;
- courir pour attraper le bus 27 du boulevard Saint-Joseph;
- arrêter le bus (gros cette fois) qui part pour Toronto, laisser crier le chauffeur;
- se planquer sur une banquette tout au fond, feuilleter le magnifique carnet réalisé par mon infographiste préféré et se laisser entraîner pour rejoindre les bras de Morphée trop négligés.
- arriver à Ottawa pour repartir vers Toronto où j'arrive dans la soirée, première étape, déjà contée, non illustrée.
- puis repartir, guillerette pour Calgary. Devant soi, 76 heures de bus mais des lumières plein les yeux, des fourmis dans les gambettes, mes compagnons de voyage d'un jour me délaissent au bout de 12, 24 heures de bus, seule une autre me suivra durant 48. Mais elles passent vite, très vite grâce à ces paysages encore inconnus, grâce à ce sentiment étrange qui me rappelle que je ne suis jamais allée aussi loin, que chaque cm parcouru en est un de moins vers le Pacifique...
- arriver à Calgary, déjà contée, aussi tôt quittée.
- puis Banff et ses Rocheuses, Lake Louise, et Vancouver, mais ça je vous l'ai déjà raconté.
- ensuite, San Francisco, une concurrente féroce de Montréal en ce qui concerne la qualité de vie, ya moyen que j'y passe un jour un petit bout de la mienne...
- et puis le Grand Canyon, on sait que c'est grand et que c'est impressionant mais c'est encore plus grand et plus impressionnant!
- des auberges de jeunesse sympas où l'on rencontre des allemands sympas avec qui l'on réinvente l'amitié franco-allemande au détour d'un voyage sur la route 66 en direction de Monument Valley, ses motards en Harley, ses paysages au sable rouge que quand yen a plus yen a encore, ses chevaux presques sauvages, ses réserves autochtones...
- et puis Chicago (après deux jours de bus), sûrement une ville passionante si on a pas en tête Montréal, les Montréalais, Palaiseau, la smala et les potos. Le blues était sympa (vraiment), le train en l'air particulier, le lac Michigan grand...mais y avait rien à faire, l'envie de retrouver tout le monde occupait trop de place.
- aussi des discussions passionantes dans les bus ou comment convaincre un mec que non, le mariage arrangé pour avoir une femme bien sous tout rapport (c'est-à-dire qui ne va pas en camping avec ses potes, qui reste à la maison et qui se sacrifie à vie), ce n'est pas forcément souhaitable, même pour les algériennes. Que non, les Québécoises ne sont pas argneuses, elles veulent simplement avoir une vie sympa, dans laquelle elles prennent leurs propres décisions.
- voir Montréal grossir, grossir, passer le pont Jacques-Cartier, arriver boulevard de Maisonneuve,
- être contente d'attendre à Berri-UQAM que le métro de la ligne verte arrive, et d'entendre ce bel accent dans le bus 45, bus 45 qui m'offrira un accueil fabuleux: les passagers qui embarquent tiennent les autres au courant du score du Canadien "Non, c'est sûr le Canadien fra pas la Coupe cette année!".
- arriver chez Emilie, manger du vrai poulet, les saouler avec les photos,
- manger le lendemain matin un dernier petit déj' nord américain aux lèves-tôt sur Mont-Royal, tant reluqués ces six derniers mois,
C'est retrouver ma coloc préférée, m'énerver contre les computers d'United Airlines,
- retrouver les collègues pour luncher, c'est trouver où mettre mes 80 kilos de bagages, passer une dernière bonne soirée montréalaise en essayant de les convaincre qu'ils vont s'ennuyer à regarder les 650 photos du voyage,
- lutter pour tout descendre et mettre dans le taxi (mais réussir parce que Claire est là!), c'est pas trop mal s'en tirer à l'aéroport finalement,
- finalement trouver qu'une dizaine d'heure pour traverser un océan c'est vraiment pas grand chose...
- et retrouver le confort de la maison, les pâtés, les fromages, le bon pain...
en bref, c'était bien, je repartirais bien!!!
Kestudi?