Ca y est, je ne peux pas aller plus loin, je suis au bout du bout du bout de ce continent geant (jle sais, jl'ai traverse!), au finistere de l'Amerique.
Apres une tres bonne soiree sur la rue saint denis, j'ai saute dans le bus pour toronto et hop, huit heures de bus. Visite de Toronto, de Kensington Market, ses odeurs, ses couleurs...Encore une journee, pas de CN Tower, deja fait, mais le ferry pour voir tout ca avec du recul...et puis s'en va.
Direction Calgary, et pour ce faire, un petit deux jours et trois nuits de bus, non-stop. Au programme, pas de douche mais les lavabos des stations greyhound et les bons repas du fin fond de l'Amerique lorsque l'on a pas la chance de voir le mythique Tim se dresser sur sa route.
Mais la Transcanadienne, ce n'est pas que ca, c'est aussi l'interminable Lac superieur que recouvre encore par endroits une fine couche de glace et derriere lequel le soleil s'echappe nous laissant un ciel rose, bleu, prune; c'est aussi les grandes plaines avec ses ranchs aux allures de western, grosses barraques en bois cernees par des barrieres brunes qui ne tiennent plus a grand choses; c'est de grandes discussions, sur ici, sur ailleurs ou plus loin avec des compagnons de voyages d'un jour, parfois deux; c'est aussi la chance de sentir le bien fait d'une douche aux petites heures du matin, quand tout le monde dort encore dans l'AJ, mais que vous, vous ne pouvez pas, ne devez pas vous assoupir, la fatigue risquant de vous faire passer vos prochaines semaines de voyages cloitrees dans cet inconfortable petit lit de Calgary.
L'arrivee a Calgary etait presque une delivrance, parce que, c'est bien le bus, c'est joli, t'as le temps de revasser, de bouquiner, de somnoler, de papoter...mais t'as vite fait de devenir claustro quend meme! Et voila que le chauffeur de taxi me casse ma barraque: "Voyez, il n'y a personne dans la rue (dimanche, 6 heures du matin), Calgary est une ville morte! Ah, et regardez ces deux gars au coin de la rue, c'est ca, ils s'echangent du crack". Bon, ca va bien... 8 heures, je pars a la recherche d'un petit dejeuner. En plein coeur de l'une des villes les plus riches du Canada, ou l'activite economique bat son plein, je ne trouve dans la rue que des centaines de paumes, reclamant que je "share my change". Autour d'eux, les tours des plus grandes firmes petrolieres se dressent vers le ciel, a voir qui sera la plus haute, la plus originale, la plus chere. Rien a faire dans cette ville, les seules personnes que je rencontre (essentiellement quebecoises) sont juste la pour faire du fric "plus de boulot a Montreal, ici tu peux gagner le double, meme pas besoin de parler anglais, t'as juste a claquer des doigts".
Ben moi j'ai pas fait long feu, 24 heures dans cette ville m'ont suffi, depart pour les rocheuses, et Banff. Juste 50 minutes de route et un tout autre decor: les montagnes, les ours, la nature quoi...et tout plein de surfeurs cools, nirvana a donf dans les enceintes de l'AJ, ouais, ca dechire ca race ici!!! J'arrete l'ironie 2 minutes. Cetait bien Banff, me suis balladeee dans les montagnes, vu plein de belles choses. Mais les surfeurs qui se la jouent cool et qui sont pas foutus de decoller les yeux de derrieres leur nez crame, moi, ca me gonfle!
Re depart pour juste une heure de route et Lac louise, un monument du Canada parait-il. Moi, jsuis sage, avant de m'aventurer dans la montagne et comme "If you enter the Rocky Mountains, you enter the country of bears", et ben je vais voir les gardes du Parc National pour leur demander des petites precisions banales, genre, est-ce que c'est dangereux d'aller au lac toute seule par les sentiers, est-ce que je risque de rencontrer un ours... "Ben, ya toujours une chance, mais a ta place je n'aurais pas peur, les chances sont tres tres minces, voici un depliant de ce que tu dois faire au cas ou tu en rencontrerai un. La seule affaire, c'est que les sentiers sont un peu glissants a cette epoque de l'annee..."
Bon, alors on y va tranquilou hein, pas de probleme, la montagne est belle, mes chaussures de rando en ont vu d'autres...Tu m'etonnes que ca glisse, ya 40 cm de neige molle sur tes sentiers, et juste un petit 30 cm au milieu ou c'est un peu plus ur, tu t'enfonce moins. Allez, c'est pas grave, on se marre toute seule de la chute pis on continue. C'est marrant, je le voyais pas du tout comme ca ce sentier, genre avec plus de gens, moins d'arbre, plus de lumiere... OK, signaler sa presence en tant qu'humain, bon ben on va chanter cette toune debile qui passsait toute a l'heure au supermarche, "I want you to want me, I need you to need me"...pas sure de celle-la! Ostie, il n'en finit pas ce chemin, pff, et pis si ya un ours qui debarque, jsuis toute seule au milieu de nulle part. Et ca a dure pres de 4 km, comme ca, le souffle coupe, avec des vrais choqottes comme je les ai rarement eues. Arrivee au lac, me suis contentee de rester en lieux bien humains, et je suis rentree par la route!
Et puis aujourd'hui, Vancouver, On ne peut faire plus a l'Ouest, j'ai vu un nouvel ocean!!! Ca depasse l'entendement, je suis au bout d'un continent, et c'est meme pas le mien, je suis au bout de l'Amerique!!! En tous cas, Vancouver est une ville magnifique, les montagnes aux sommets enneiges semblent jaillir du Pacifique, comme ca, on croise aussi bien des minettes en jupettes et tongs que des groupes de surfeurs, planches a la main!
Et puis si je peux vous ecrire, c'est merci le routard, qui m'a degotte cette place a 1,50 $ de l'heure, a l'etage d'un resto coreen, pas sure que ce soit declare...
NB: Pa d'accent, on est en Amerique, chez les Anglais (meme si je te jure Pierre, je brulais d'en mettre hein sur les sures!), et les points de suspension, ben, on ne se refait pas en quelques mois...!
Biz a tous, et direction SAN FRANCISCOOOOOOOOOOOOOO!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Kestudi?